João Félix, la renaissance d’un talent sous Jorge Jesus
Il y a encore quelques saisons, son nom était associé aux regrets. Aujourd’hui, João Félix redevient une solution. Buteur décisif face au pays de Galles pour les débuts de Jorge Jesus sur le banc du Portugal, l’attaquant de 26 ans semble avoir trouvé, en sélection, le rôle qui lui convient enfin.
Un but qui lance l’ère Jorge Jesus
Jeudi soir, à l’Estádio José Alvalade de Lisbonne, le Portugal ouvrait sa campagne de Ligue des nations face au pays de Galles. Un rendez-vous particulier : c’était le premier match de Jorge Jesus, 72 ans, nommé à la tête de la Seleção après l’élimination en Coupe du monde.
Les Portugais ont longtemps écrasé la rencontre, avec dix-neuf tentatives contre quatre pour leurs adversaires. Mais une seule a fait mouche. À la 22e minute, bien lancé par Nuno Mendes, João Félix a déclenché une frappe de l’extérieur de la surface, légèrement déviée par le défenseur Ben Davies, pour tromper Danny Ward. Un but qui a suffi à offrir la victoire (1-0) et qui porte son total à treize réalisations sous le maillot national.
La fin de match a pourtant été tendue. Les Gallois ont touché la barre transversale par Brennan Johnson, avant qu’une intervention décisive de Rúben Dias ne préserve le succès portugais.
João Félix, enfin à sa place
Au-delà du but, c’est le positionnement du joueur qui retient l’attention. Jorge Jesus l’a installé en deuxième attaquant, juste derrière la pointe, avec une liberté de mouvement importante. Un choix salué par l’intéressé lui-même, qui a estimé après la rencontre que ce rôle lui avait permis de livrer sa prestation la plus aboutie en équipe nationale.
Ce constat en dit long. Depuis ses débuts, João Félix a souvent été utilisé à des postes qui ne mettaient pas pleinement en valeur ses qualités : excentré sur un côté, ou seul en pointe, loin de la zone où il excelle. Entre les lignes, là où il peut toucher beaucoup de ballons, combiner et frapper, il retrouve l’influence qui avait fait de lui l’un des jeunes talents les plus convoités d’Europe.
Une carrière faite de hauts et de bas
Révélé à Benfica en 2018-2019, João Félix avait rejoint l’Atlético de Madrid à l’été 2019 dans l’un des transferts les plus coûteux de l’histoire du football. La suite fut plus heurtée. À Madrid, son association avec Diego Simeone n’a jamais vraiment fonctionné, et le Portugais a enchaîné les prêts : Chelsea, le FC Barcelone, puis l’AC Milan.
Faute de s’installer durablement dans un grand club européen, il a rejoint Al-Nassr en 2025. Un choix critiqué à l’époque, mais qui lui a offert ce qui lui manquait le plus : de la continuité et du temps de jeu. En Arabie saoudite, il joue régulièrement et marque, ce qui lui a permis de retrouver confiance et rythme.
Aux côtés de Ronaldo, pas à sa place
Le cas João Félix est souvent présenté sous l’angle de la succession de Cristiano Ronaldo. La réalité du terrain est plus nuancée. Face au pays de Galles, les deux hommes ont joué ensemble, et c’est précisément cette association qui a donné sa forme à l’attaque portugaise.
Toujours capitaine et titulaire à 41 ans, Ronaldo a vécu une soirée plus compliquée. Il a manqué une reprise à bout portant et a vu un but refusé pour hors-jeu en seconde période. Son inefficacité a alimenté les débats, mais son influence reste réelle : sa présence dans la surface attire les défenseurs et libère des espaces pour les joueurs qui gravitent autour de lui.
Les deux attaquants se connaissent par ailleurs parfaitement. Ils évoluent ensemble à Al-Nassr, un club que Jorge Jesus a lui-même entraîné. Cette connaissance mutuelle constitue un atout pour un sélectionneur qui vient d’arriver et dispose de peu de temps pour installer ses idées.
Une concurrence toujours rude
Rien n’est acquis pour autant. Le Portugal dispose d’un réservoir offensif impressionnant, et Jorge Jesus a convoqué de nombreuses options pour ce rassemblement : Rafael Leão, Pedro Neto, Gonçalo Ramos, Francisco Conceição, Francisco Trincão ou encore Fábio Silva.
Dans ce contexte, João Félix devra confirmer. Un but et une bonne prestation ne suffisent pas à s’installer durablement, surtout dans une sélection où chaque match peut rebattre les cartes. Sa régularité, point faible de sa carrière jusqu’ici, sera le véritable juge de paix.
La Norvège, premier vrai test
L’occasion de confirmer arrive dès ce dimanche. Le Portugal se déplace en Norvège pour la deuxième journée de la Ligue des nations, un adversaire d’un tout autre calibre que le pays de Galles. Tenant du titre, le Portugal doit engranger des points pour rester dans la course à la première place du groupe.
Ce rendez-vous permettra de mesurer si l’association entre João Félix et Cristiano Ronaldo peut fonctionner face à une défense plus solide, et si Jorge Jesus maintient sa confiance dans ce schéma.
Pour João Félix, l’enjeu dépasse un simple match. Après des années à courir après son potentiel, il tient peut-être enfin l’environnement et le rôle qui lui permettront de devenir le joueur que le Portugal attendait.
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