Jürgen Klopp battu par la Grèce : faut-il déjà s’inquiéter pour l’Allemagne ?

Jürgen Klopp sélectionneur de l'équipe d'Allemagne

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Le chiffre fait mal. En dix confrontations, l’Allemagne n’avait jamais perdu contre la Grèce. Dimanche soir, à Augsbourg, cette série s’est arrêtée. Pour son premier match à domicile en tant que sélectionneur, Jürgen Klopp a connu une défaite (0-1) qui fait parler outre-Rhin. Mais derrière le résultat se cache une réalité plus nuancée : celle d’un entraîneur qui a choisi, en toute connaissance de cause, de faire de ces premiers matchs un laboratoire.

Une soirée historique, pour de mauvaises raisons

Le scénario a longtemps semblé maîtrisé. Après une première période sans relief, les Allemands ont trouvé plus de rythme au retour des vestiaires. Portés par Younes Ebnoutalib en pointe et Kevin Schade dans l’animation offensive, ils se sont créé les meilleures occasions pendant une vingtaine de minutes, sans parvenir à conclure.

C’est finalement la Grèce qui a frappé. À la 74e minute, Dimitrios Kourbelis a tenté sa chance, et sa frappe, déviée par Joshua Kimmich, a trompé la défense allemande. Un but suffisant pour offrir aux Grecs une victoire inédite dans l’histoire des confrontations entre les deux nations. Avant ce match, le bilan allemand était sans tache : sept victoires et trois nuls.

Jürgen Klopp face à un classement inconfortable

Au-delà du symbole, la défaite a des conséquences comptables. Après un nul (1-1) à Amsterdam face aux Pays-Bas pour ses débuts, Jürgen Klopp ne compte qu’un seul point en deux rencontres. L’Allemagne pointe à la troisième et avant-dernière place de son groupe.

Devant, la Grèce fait figure de surprise. Victorieuse en Serbie puis en Allemagne, elle mène le groupe avec six points, le maximum possible. Les Pays-Bas de Xavi, vainqueurs en Serbie dimanche, suivent avec quatre unités.

Or le règlement ne laisse pas de marge : seules les deux premières équipes de chaque groupe accèdent aux quarts de finale. Pour la Mannschaft, la suite de la campagne n’a déjà plus rien d’une formalité.

Le choix assumé de l’expérimentation

C’est ici que le tableau se nuance. Pour cette fenêtre internationale de trois semaines, qui comprend quatre matchs, Jürgen Klopp a convoqué un groupe exceptionnellement large de 44 joueurs. Son idée : faire tourner l’effectif et observer un maximum de profils avant de construire son équipe.

Face à la Grèce, cette logique s’est vue dans la composition. Alexander Nübel a été titularisé dans les buts, Josha Vagnoman sur le côté droit de la défense, et plusieurs joueurs habituellement moins utilisés ont eu leur chance. Surtout, la plupart des joueurs alignés lors des deux premiers matchs vont céder leur place à un nouveau groupe dès cette semaine.

Autrement dit, l’équipe battue à Augsbourg n’est pas celle que Klopp compte aligner à long terme. Juger son projet sur ce seul match reviendrait à évaluer un chantier avant même la pose des fondations.

Le pari d’un entraîneur qui voit loin

Cette méthode n’étonne pas quand on connaît le parcours de l’entraîneur. À Dortmund comme à Liverpool, Jürgen Klopp a toujours privilégié la construction patiente d’un collectif, avec une identité de jeu forte, plutôt que la recherche du résultat immédiat. Ses succès en Bundesliga avec le Borussia, puis la Ligue des champions et la Premier League avec les Reds, sont nés de projets bâtis sur la durée.

En sélection, le temps est pourtant une denrée rare. Un sélectionneur ne voit ses joueurs que quelques jours par an, lors des fenêtres internationales. Prendre le risque de tester autant de joueurs en compétition officielle est donc un choix audacieux. Il peut offrir une vision complète du réservoir allemand, mais il expose aussi l’équipe à des revers comme celui de dimanche.

Ce qui doit vraiment alerter

Pour autant, tout ne s’explique pas par la rotation. Certains signaux méritent l’attention. Le manque d’efficacité offensive, d’abord : dominer une période sans marquer reste un problème, quel que soit le onze aligné. L’inconstance, ensuite, avec une première mi-temps jugée insipide par de nombreux observateurs.

Le classement, enfin, ne pardonne pas. Même si la Ligue des nations n’a pas le prestige d’un Euro ou d’une Coupe du monde, une élimination précoce ternirait les débuts d’un sélectionneur très attendu. La marge d’erreur s’est déjà réduite.

Serbie, puis Grèce : deux rendez-vous décisifs

La réponse viendra vite. Dès jeudi, l’Allemagne recevra la Serbie à l’Allianz Arena de Munich, devant près de 75 000 spectateurs. Un match à ne pas manquer pour rester dans la course à la qualification. Viendra ensuite le déplacement à Thessalonique, pour une revanche face à la Grèce qui pourrait peser lourd dans la course aux quarts de finale.

Ces deux rencontres diront si la défaite d’Augsbourg n’était qu’un accident de parcours dans une phase de test, ou le premier signe de difficultés plus profondes. Pour Jürgen Klopp, habitué à transformer les doutes en énergie collective, le défi est lancé. Et en Allemagne, on attend désormais de voir si la méthode Klopp saura rapidement produire des résultats.

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