Cristiano Ronaldo sur le banc, le Portugal gagne : le début d’une nouvelle ère ?

Cristiano Ronaldo sous le maillot de l'équipe du Portugal

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C’est une image rare. Dimanche soir à Oslo, Cristiano Ronaldo a assisté depuis le banc à la victoire du Portugal face à la Norvège (1-2), sans entrer en jeu une seule minute. Un choix fort de Jorge Jesus, récompensé par le résultat. Mais faut-il y voir la fin d’une époque, ou simplement un choix de circonstance ?

Un choix rare et assumé

Il faut remonter à septembre 2024, face à l’Écosse, pour trouver la dernière fois que Cristiano Ronaldo n’avait pas débuté une rencontre avec le Portugal. Autant dire que la décision de Jorge Jesus n’est pas passée inaperçue.

Pour ce déplacement en Norvège, deuxième journée de la Ligue des nations, le sélectionneur a aligné un 4-2-3-1 sans son capitaine. Gonçalo Ramos a été installé en pointe, soutenu par un trio offensif composé de Francisco Conceição, João Félix et Pedro Neto. Derrière, João Palhinha et João Neves assuraient l’équilibre au milieu de terrain.

Un détail rend ce choix encore plus marquant : Jorge Jesus connaît Ronaldo mieux que quiconque. Il l’a entraîné à Al-Nassr, un club qu’il avait d’ailleurs rejoint, de son propre aveu, en grande partie grâce à l’invitation du joueur. Que ce soit lui qui décide de laisser la star sur le banc donne à cette décision une portée particulière. Elle ne relève visiblement ni d’un conflit, ni d’une défiance, mais d’une logique sportive.

Un match intense à Oslo

La rencontre n’a pas été une promenade. Privé de Cristiano Ronaldo, le Portugal a longtemps souffert face à la Norvège de Martin Ødegaard et Erling Haaland.. Dès la 14e minute, Haaland, servi par Ødegaard, s’est retrouvé seul face au but, mais Diogo Costa a sorti un réflexe décisif.

Le Portugal a pourtant frappé le premier. À la 17e minute, sur un ballon de Pedro Neto, João Félix a pris le temps de contrôler à l’entrée de la surface avant de tromper Ørjan Nyland. Deuxième match, deuxième but pour lui sous l’ère Jesus.

La Norvège a continué de pousser. En première période, les Scandinaves ont tenté quinze tirs, mais trois seulement ont trouvé le cadre. Rúben Dias puis Diogo Costa, encore lui, ont repoussé les assauts adverses jusqu’à la pause.

Au retour des vestiaires, Haaland a fini par égaliser, après un coup franc d’Ødegaard repoussé par Costa sur Patrick Berg, qui a remis le ballon pour le Cyborg. Mais le Portugal a repris l’avantage quelques minutes plus tard, sur une erreur de Nyland : son dégagement manqué a permis à Gonçalo Ramos de conclure d’un lob. L’attaquant a même cru s’offrir un doublé, mais son deuxième but a été annulé pour hors-jeu après intervention de la VAR.

Gonçalo Ramos, le pari gagnant

Titularisé à la place de Cristiano Ronaldo, Gonçalo Ramos a longtemps été discret. Mais il a su se montrer décisif au moment opportun, en profitant de la seule vraie erreur norvégienne. Un but qui résume bien son rôle : moins spectaculaire que Ronaldo, mais disponible, mobile et opportuniste.

Pour Jorge Jesus, ce succès valide une idée : le Portugal dispose d’alternatives crédibles en attaque. Avec Ramos en pointe et João Félix en soutien, l’animation offensive a gagné en mobilité, même si la défense a parfois souffert face à l’intensité norvégienne.

Un bilan parfait pour Jorge Jesus

Sur le plan comptable, le début de mandat du sélectionneur est irréprochable. Après la victoire face au pays de Galles (1-0) à Lisbonne, ce succès en Norvège porte le Portugal à six points en deux matchs. La Seleção occupe seule la tête de son groupe de Ligue des nations.

Le prochain rendez-vous face au Danemark permettra de confirmer cette dynamique. Il dira aussi si Jorge Jesus maintient ce schéma sans son capitaine, ou s’il choisit de le réintégrer dans le onze de départ.

Cristiano Ronaldo, la fin d’une époque ?

C’est évidemment la question que tout le monde se pose. À 41 ans, Cristiano Ronaldo reste le capitaine de la sélection, et il était présent dans le groupe. Il n’est ni blessé, ni écarté. Face au pays de Galles, il était encore titulaire, même s’il avait vécu une soirée frustrante, entre une reprise manquée à bout portant et un but refusé pour hors-jeu.

Parler de « page tournée » serait donc prématuré. Un seul match sur le banc ne signe pas la fin d’une carrière internationale, surtout pour le meilleur buteur de l’histoire des sélections nationales. Ce qui change, en revanche, c’est le statut : Ronaldo n’est plus un titulaire automatique. Pour la première fois depuis longtemps, sa place dépend des choix tactiques et de la concurrence.

Cette évolution semble d’ailleurs naturelle. Toutes les grandes sélections ont un jour dû organiser la transition après leur légende. Le Portugal, avec un réservoir offensif aussi riche, a les moyens de préparer l’avenir sans brutalité, en donnant progressivement plus de responsabilités à la nouvelle génération.

Une transition en douceur

Ce que montre ce match d’Oslo, c’est peut-être moins la fin d’une ère que le début d’une nouvelle gestion. Jorge Jesus semble vouloir utiliser Cristiano Ronaldo de manière plus ciblée, selon les adversaires et les circonstances, plutôt que de le faire jouer systématiquement.

Pour le capitaine, le défi est nouveau : accepter un rôle différent, sans perdre son influence. Pour le Portugal, l’enjeu est de réussir une transition délicate, en respectant l’histoire de son plus grand joueur tout en regardant vers l’avenir. Dimanche soir, à Oslo, la Seleção a montré qu’elle pouvait gagner sans lui. Il reste à savoir comment elle choisira désormais d’avancer avec lui.

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