Trump-Infantino : la relation qui fait trembler la crédibilité de la FIFA avant la rencontre Belgique vs USA

Trump FIFA Balogun avant Belgique USA en 8e de finale du Mondial 2026

Trump FIFA Balogun : voilà les trois mots qui résument le plus gros scandale de ce Mondial 2026. À la veille du choc Belgique-USA, retour sur cette semaine qui a fait vaciller la crédibilité de la Coupe du monde.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, le président américain et le patron de la FIFA Gianni Infantino affichent une proximité de plus en plus assumée. Une entente qui vient de provoquer l’un des plus gros séismes de l’histoire de la Coupe du monde, à la veille du choc entre les Diables Rouges et la Team USA.

Le terrain préparé depuis 2025

L’idylle Trump-Infantino ne date pas d’hier. La FIFA installe des bureaux dans la Trump Tower à New York dès 2025. En juillet, Infantino offre au président dix billets, d’une valeur de 15 000 dollars, pour la finale de la Coupe du monde des clubs entre Chelsea et le PSG à MetLife Stadium. Trump assiste au match et rejoint même Infantino sur la pelouse pour remettre le trophée au vainqueur.

En décembre, la FIFA va plus loin encore : elle crée un Prix de la paix sur mesure, décerné à Trump lors du tirage au sort du Mondial, au Kennedy Center rebaptisé entre-temps « Trump Kennedy Center » avant qu’un tribunal n’ordonne le retrait de ce nom. Sa déclaration financière 2025 révèle par ailleurs près de 120 000 dollars de billets sportifs reçus d’alliés politiques et de dirigeants du sport.

Trump FIFA Balogun : comment tout a basculé

Mercredi, l’attaquant américain Folarin Balogun, meilleur buteur de la Team USA dans cette Coupe du monde avec trois réalisations, est exclu lors de la victoire 2-0 face à la Bosnie-Herzégovine. L’arbitre revient sur les images au ralenti et transforme sa décision initiale en carton rouge direct, pour un appui sur le pied du défenseur Tarik Muharemovic. Sanction automatique : suspension pour le 8e de finale face à la Belgique.

Selon les révélations du New York Times, relayées par plusieurs agences internationales, Donald Trump aurait personnellement appelé Gianni Infantino quelques minutes après le coup de sifflet final. Le secrétaire d’État Marco Rubio réclame lui aussi publiquement la levée de la suspension. Une équipe d’avocats, mobilisée en dehors du gouvernement, conteste juridiquement l’usage du ralenti pour aggraver la décision arbitrale initiale.

Dimanche, coup de théâtre :la Commission de discipline de la FIFA annonce la suspension de la sanction « à titre probatoire pendant un an », en s’appuyant sur l’article 27 du code disciplinaire. Balogun ne purge donc pas sa peine immédiatement mais devra l’exécuter, en plus d’une éventuelle nouvelle sanction, s’il commet une faute similaire dans l’année. « Merci à la FIFA d’avoir fait ce qui était juste et d’avoir réparé une grande injustice », écrit Trump sur Truth Social.

La Belgique dénonce, le monde du foot s’indigne

Du côté belge, la sidération domine. L’URBSFA se dit « stupéfaite » et annonce étudier « toutes les options possibles » pour défendre les règles du jeu. Le sélectionneur Rudi Garcia compare la situation à un poisson d’avril. La ministre wallonne des Sports Jacqueline Galant affirme son plein soutien à la fédération : « La vraie force, c’est de gagner par le fair-play. C’est exactement ce que fera la Belgique. » Le Parti Socialiste, lui, ne mâche pas ses mots : « Honte à vous Quand l’argent dicte sa loi, la Coupe du monde perd toute crédibilité. »

L’eurodéputé Yvan Verougstraete (Les Engagés) résume le sentiment général : « Fascinant de voir comment un carton rouge devient soudain injuste dès que Trump s’en mêle… La FIFA doit défendre l’équité, pas donner l’impression de céder aux pressions politiques. » Il conclut, offensif : « Rendez-vous sur le terrain : la victoire des Diables n’en sera que plus précieuse. »

Un précédent vieux de 64 ans

Ce type d’intervention politique directe reste extrêmement rare dans l’histoire du Mondial. Il faut remonter à 1962 pour retrouver un cas comparable : Garrincha avait été autorisé à disputer la finale après une intervention du gouvernement brésilien auprès de la FIFA. Plus récemment, les suspensions de Cristiano Ronaldo, Nicolás Otamendi et Moisés Caicedo avaient aussi été allégées via l’article 27 mais jamais dans un climat politique aussi tendu.

Rendez-vous à Lumen Field

Folarin Balogun affrontera donc bien la Belgique ce lundi à Seattle. Reste à savoir si cette polémique pèsera sur la tête des Diables Rouges ou si, comme le prédit Verougstraete, elle rendra une éventuelle victoire belge encore plus savoureuse.

Au-delà du sort de Balogun, c’est bien l’image de la FIFA qui sort fragilisée de cet épisode. En 64 ans, aucun chef d’État n’avait obtenu un tel geste de la part de l’instance mondiale du football et le fait que ce soit Donald Trump, dont le pays coorganise ce Mondial, ne fait qu’alimenter les soupçons de traitement de faveur. Pour la Belgique, la meilleure réponse reste sur le terrain : une qualification aux dépens des États-Unis couperait court à toute polémique et rappellerait que, malgré les coups de fil et les pressions, un match se gagne encore sur la pelouse. Rendez-vous cette nuit de mardi à Lumen Field pour voir si les Diables Rouges parviennent à transformer la colère en performance.

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