La fronde contre Gianni Infantino prend une nouvelle dimension avec le soutien de la Maison Blanche
Infantino poussé vers la sortie, Gianni Infantino traverse une période particulièrement tendue à la tête de la FIFA. La contestation autour de sa gouvernance a désormais pris une dimension internationale.
Infantino poussé vers la sortie : le soutien inattendu de la Maison Blanche
Alors que les trois confédérations pensaient avoir isolé un peu plus le président de la FIFA, Donald Trump est venu changer la donne. Le président américain s’est publiquement porté au secours d’Infantino, réaffirmant sa proximité avec le dirigeant italo-suisse. Ce soutien n’a rien d’anecdotique : Trump avait remis à Infantino, en décembre 2025, un « Prix de la paix de la FIFA » spécialement créé pour lui, et avait obtenu de sa part, en pleine Coupe du monde 2026, la révision réussie d’un carton rouge visant un joueur de la sélection américaine.
Une relation cultivée depuis plusieurs années, entre visites répétées à la Maison Blanche et remerciements appuyés d’Infantino pour l’engagement du président américain dans l’organisation du Mondial nord-américain.
Alors qu’Infantino est poussé vers la sortie par une partie du football mondial, ce renfort politique pèse dans la balance. Après deux semaines de crise, le président de la FIFA récupère ainsi le soutien de Donald Trump, en plus de celui déjà affiché par plusieurs confédérations continentales. Un allié de poids qui complique encore un peu plus la tâche d’une UEFA cherchant à isoler le président de la FIFA sur la scène internationale.
La tension n’est plus feutrée. Elle est désormais publique, écrite noir sur blanc, et signée par trois des plus grandes puissances institutionnelles du football mondial. Lundi 10 août, l’UEFA, la Concacaf et l’AFC ont publié une lettre ouverte à « la famille du football », ciblant sans détour la gouvernance de Gianni Infantino. Le message est limpide : le président de la FIFA n’a plus la confiance de ses plus proches partenaires historiques.
Un projet de vente qui a tout déclenché
Tout part d’un dossier baptisé en interne « FFE » pour FIFA Forward Enterprise un projet destiné à céder une participation dans les activités commerciales de la Coupe du monde à un groupe d’investisseurs privés. Un mois seulement après une finale de Coupe du monde 2026 qui a rapporté à la FIFA des recettes record avoisinant les 15 milliards de dollars, l’instance dirigeante s’est retrouvée empêtrée dans une polémique de gouvernance majeure.
La révélation du montage a suscité une levée de boucliers immédiate. D’anciennes gloires du ballon rond, des dirigeants de championnats et jusqu’à des chefs d’État se sont exprimés publiquement contre le projet. Luis Figo a réclamé son départ dans une tribune. Javier Tebas a estimé que son cycle à la tête de l’instance touchait à sa fin. Le Premier ministre canadien Mark Carney a lui aussi jugé le faux pas suffisamment grave pour lui coûter son poste.
Face à la pression, Infantino a fini par lâcher du lest : le projet a été officiellement abandonné le 31 juillet. Mais l’abandon du dossier n’a pas suffi à éteindre l’incendie. Pour ses détracteurs, le mal était déjà fait et la méthode, plus que le fond, posait question. La pression institutionnelle s’accentue et Infantino poussé vers la sortie fait désormais face à une contestation qui dépasse largement le cadre européen.
La FIFA contre-attaque, les confédérations répliquent
Samedi 8 août, la FIFA a tenté de reprendre la main en publiant un communiqué offensif, dénonçant ce qu’elle a qualifié d' »effort concerté et continu » de certains acteurs pour saper l’institution et son président. Une manière de retourner le rapport de force et de présenter Infantino en victime d’une cabale plutôt qu’en dirigeant fragilisé. Cette nouvelle offensive intervient alors qu’Infantino poussé vers la sortie tente de conserver le soutien d’une majorité de fédérations.
La réplique n’a pas tardé. Deux jours plus tard, l’UEFA, la Concacaf et l’AFC ont coordonné leur riposte via une lettre ouverte commune un geste rarissime entre confédérations continentales, habituellement plus promptes à défendre leurs prérogatives respectives qu’à s’unir contre le sommet de la pyramide FIFA.
Le texte est sans ambiguïté sur le fond : la FIFA aurait présenté l’épisode comme un simple problème de communication, alors que le monde du football aurait en réalité assisté à un défaut de discernement. Les trois confédérations parlent d’une rupture de confiance vis-à-vis des institutions que la FIFA est censée servir, et réclament une revue indépendante de la manière dont le dossier FFE a été géré pas seulement des excuses de façade.
Sur le plan du calendrier de la procédure, une phrase de la lettre résume l’état d’esprit ambiant : une proposition avancée dans l’urgence, sans concertation véritable avec les fédérations membres, ne relèverait pas de la maladresse mais d’une stratégie délibérée pour placer le football devant le fait accompli.
Infantino poussé vers la sortie : un rapport de force encore incertain
Sur le terrain diplomatique, la situation reste toutefois plus nuancée qu’un simple bras de fer Europe contre Infantino. La Confédération africaine de football a réaffirmé à l’unanimité son soutien au président sortant, tout comme la CONMEBOL côté sud-américain. Or, au sein du Congrès de la FIFA, ce sont les 211 fédérations membres qui disposent chacune d’une voix l’UEFA, malgré son poids économique et médiatique, n’en détient qu’une fraction. Bâtir une coalition suffisante pour renverser Infantino ou l’empêcher de se représenter suppose donc de convaincre bien au-delà des frontières du Vieux Continent.
C’est précisément ce calcul qui explique la résistance du dirigeant suisse. Sur le plan national, plusieurs fédérations européennes ont pris leurs distances ces dernières semaines. La Norvège a explicitement réclamé son départ. L’Angleterre, elle, a retiré son soutien à sa future réélection, prévue en mars prochain une échéance où Infantino reste pour l’instant seul candidat déclaré.
L’UEFA, de son côté, maintient la menace d’un boycott de compétitions organisées sous l’égide de la FIFA, notamment la prochaine Coupe du monde féminine des moins de 20 ans prévue en septembre. Une option qui resterait pour l’instant un levier de pression plutôt qu’une décision actée. Avec Infantino poussé vers la sortie, la bataille se joue désormais autant sur le terrain politique que dans les instances du football mondial.
Une crise de légitimité plus que de résultats sportifs
Ce qui frappe dans cet épisode, c’est le glissement de la contestation : elle ne porte plus sur un point technique isolé, mais sur le mode de gouvernance lui-même. Le texte des trois confédérations insiste sur le fait que le football n’appartiendrait ni à un individu, ni à une institution une formule qui vise directement la personnalisation du pouvoir à la tête de la FIFA, incarnée depuis dix ans par Infantino.
Le natif de Brigue, en Suisse, a passé seize ans à l’UEFA avant d’être élu à la présidence de la FIFA en 2016, dans le sillage de la chute de Sepp Blatter. Voir aujourd’hui son ancienne maison mère prendre la tête de la fronde contre lui n’est pas anodin sur le plan symbolique.
Reste à savoir si cette lettre ouverte marque le point de bascule d’une crise institutionnelle profonde, ou si elle restera, comme les précédentes alertes, un coup de semonce sans suite concrète. Avec Infantino poussé vers la sortie par plusieurs voix influentes du football, la question de sa capacité à conserver suffisamment de soutiens devient centrale. Ce qui est certain ,la réponse se jouera dans les semaines à venir, entre les prises de position des grandes fédérations et l’approche du Congrès électif de mars.
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Pour en savoir plus sur le fonctionnement et la gouvernance du football mondial, consultez également le site officiel de la FIFA https://www.fifa.com/fr
