Jorge Jesus tend la main à Cristiano Ronaldo : la Seleção suspendue à la décision de son capitaine
À la 79e minute, dimanche soir, le stade du Dragão s’est levé pour Gonçalo Ramos. D’une reprise bien ajustée, l’attaquant offrait au Portugal la victoire face à la Norvège (2-1) et un billet pour les quarts de finale de la Ligue des nations. Au même moment, le capitaine historique de la Seleção se trouvait loin de Porto : rentré en Arabie saoudite quelques jours plus tôt, Cristiano Ronaldo suivait de loin une équipe qui gagne désormais sans lui. C’est pourtant de lui, et presque uniquement de lui, que Jorge Jesus a dû parler après la rencontre.
La main tendue, mais pas d’excuses
Face à la presse, le sélectionneur a choisi l’apaisement. Il a qualifié l’épisode de simple malentendu, facile à dissiper selon lui, et a annoncé que l’attaquant de 41 ans figurerait sur la liste de la prochaine fenêtre internationale. « S’il le souhaite, il reviendra parmi nous », a-t-il déclaré, en précisant qu’une discussion aurait lieu avant l’annonce du groupe et que le dernier mot reviendrait au joueur.
La main tendue n’a toutefois rien d’un mea culpa. Interrogé par un journaliste portugais sur d’éventuelles excuses, Jorge Jesus s’est montré catégorique : « M’excuser pour quoi ? » Selon lui, toute l’affaire tient à un échauffement demandé à Ronaldo lors du match en Norvège, sans entrée en jeu à la clé. Il assume la décision, mais n’y voit aucune faute. La porte est donc ouverte, à ses conditions.
Sept jours qui ont ébranlé la Seleção
Tout commence le 24 septembre. Pour les débuts de Jorge Jesus sur le banc national, Cristiano Ronaldo est titulaire face au pays de Galles (1-0). Trois jours plus tard, à Oslo, le sélectionneur lui préfère Gonçalo Ramos. Le capitaine s’échauffe, attend, puis reste sur le banc pendant tout le succès portugais (2-1). À l’issue de la rencontre, il ne rejoint pas ses coéquipiers pour saluer les supporters.
Le mercredi 30 septembre, à Copenhague, Jorge Jesus confirme que Ramos débutera de nouveau contre le Danemark. Quelques heures plus tard, Cristiano Ronaldo annonce sur Instagram qu’il quitte le rassemblement. Il évoque la conférence de presse du sélectionneur et un échange avec Pedro Proença, président de la Fédération portugaise de football (FPF), et promet de s’expliquer plus tard.
Sans lui, le Portugal s’impose 4-2 au Parken Stadium le 1er octobre, grâce à João Cancelo, Gonçalo Ramos, Vitinha et João Félix. Trois jours plus tard, à Porto, Cancelo répond presque aussitôt à l’ouverture du score de Kristoffer Ajer (36e, 38e), avant le but décisif de Ramos. Bilan : quatre victoires en quatre journées, douze points et la première place du groupe assurée.
Cristiano Ronaldo et Jorge Jesus, une complicité à l’épreuve de la sélection
Le paradoxe est saisissant. Nommé le 10 juillet 2026, après l’élimination du Portugal en huitièmes de finale du Mondial face à l’Espagne (1-0), Jorge Jesus connaît Cristiano Ronaldo mieux que quiconque : il l’a dirigé à Al-Nassr jusqu’en mai dernier. Cette proximité avait même été présentée comme l’un des atouts de sa nomination, assortie d’un contrat courant jusqu’au Mondial 2030, coorganisé par le Portugal.
Sur le terrain, les chiffres plaident pour le sélectionneur. Gonçalo Ramos a trouvé le chemin des filets lors des deux rencontres disputées sans Ronaldo, et la Seleção a inscrit six buts en deux matchs. Mais le sujet dépasse la simple hiérarchie offensive. Cristiano Ronaldo avait annoncé que la Coupe du monde 2026, sa sixième, serait sa dernière, sans trancher la question de son avenir en sélection. Comment organiser la sortie du joueur le plus capé et le plus prolifique de l’histoire du football international, sans que la fin ressemble à une rupture ?
Les cadres montent au créneau, novembre en ligne de mire
Dans le vestiaire, le ton est à l’apaisement. Buteur et homme fort du match face à la Norvège, João Cancelo a rappelé au quotidien Record que Cristiano Ronaldo restait le capitaine et le symbole de la sélection. Il s’est dit convaincu qu’« il est certain que les choses se termineront de la meilleure des manières », tout en renvoyant la gestion du dossier au sélectionneur et au président de la Fédération. Le latéral du FC Barcelone a également indiqué à la RTP avoir parlé en tête-à-tête avec son capitaine.
Bruno Fernandes avait déjà donné le ton. Si Ronaldo devait mettre un terme à sa carrière internationale, a estimé le milieu de Manchester United, ce devrait être « avec une grande fête, et non de cette manière ».
Côté Fédération, plusieurs médias évoquent une nouvelle réunion entre le joueur, le sélectionneur et Pedro Proença. D’autres affirment que la FPF réfléchirait à l’organisation d’un match d’adieu. Aucune de ces pistes n’a, à ce stade, été confirmée officiellement.
Le dénouement pourrait intervenir avec la prochaine liste de Jorge Jesus, avant la réception du Danemark le 14 novembre. Le sélectionneur a ouvert la porte, sans s’excuser ; ses coéquipiers réclament une sortie digne de son rang. Reste la seule voix qui compte désormais : celle de Cristiano Ronaldo.
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