Italie : comment Roberto Mancini est revenu à la tête de la Nazionale après trois mois de crise
Roberto Mancini est officiellement de retour à la tête de la sélection italienne. Après trois mois de crise, de refus et de polémiques, la Fédération italienne de football (FIGC) a choisi de rappeler l’homme qui avait conduit la Nazionale au sacre européen en 2021.
C’est le jour des grands retours pour le football transalpin. Après trois mois de tergiversations, de refus retentissants et de polémiques en cascade, la Fédération italienne de football (FIGC) a enfin mis un terme au feuilleton qui paralysait son banc de touche depuis le printemps. Roberto Mancini, artisan du sacre européen en 2021, reprend les rênes de la Nazionale, tandis que Claudio Ranieri est propulsé directeur technique de la fédération. Retour sur une crise qui aura ébranlé le football italien jusque dans ses fondations.
Un poste vacant depuis avril
Tout commence en avril dernier, lorsque Gennaro Gattuso quitte son poste de sélectionneur. La Fédération, présidée depuis fin juin par Giovanni Malagò ancien patron du Comité olympique italien , se retrouve alors face à un chantier de reconstruction déjà lourd : la Nazionale reste orpheline de Coupe du monde pour la troisième édition consécutive, un traumatisme collectif pour un pays quadruple champion du monde.
Les premières pistes explorées se soldent par des échecs. Pep Guardiola, puis Carlo Ancelotti, auraient tous deux décliné l’offre de la fédération. C’est dans ce contexte tendu que le duo formé par le directeur technique Paolo Maldini et son conseiller Leonardo jette son dévolu sur un nom plus inattendu : celui d’Andrea Pirlo.
Le « Fonbet-gate » qui a fait vaciller Pirlo
Le choix de Pirlo, alors entraîneur du club émirati United FC, tranche avec le conservatisme habituel de la fédération. Le champion du monde 2006 semble tenir la corde, à tel point qu’un accord paraît quasiment acté. Mais l’affaire dérape rapidement : depuis octobre dernier, Pirlo est ambassadeur mondial de Fonbet, une société de paris sportifs russe liée à l’homme d’affaires Sergueï Lomakine, également président de son club émirati.
La polémique enfle après la participation de Pirlo à un événement promotionnel au stade Loujniki de Moscou, aux côtés de son ancien coéquipier Marco Materazzi. Des personnalités politiques italiennes s’en émeuvent, estimant qu’un sélectionneur national ne peut afficher de tels liens commerciaux avec la Russie, en pleine guerre en Ukraine. Giovanni Malagò, qui se serait opposé dès le départ à cette nomination, finit par trancher : dimanche soir, Pirlo apprend qu’il n’est plus candidat.
Sur les réseaux sociaux, l’ancien milieu de terrain de la Juventus et de l’AC Milan ne cache pas son amertume. Il affirme avoir toujours exercé son métier dans le respect des lois des pays où il a travaillé, et regrette qu’une décision, selon lui sportive à l’origine, ait été rapidement happée par une polémique publique qui lui aurait prêté des intentions étrangères à sa personnalité.
Deux démissions qui plongent la FIGC dans le chaos
L’épisode Pirlo ne s’arrête pas à un simple retrait de candidature. Paolo Maldini, qui avait activement porté ce choix aux côtés de Leonardo, présente sa démission seulement seize jours après avoir pris ses fonctions de directeur technique. Une décision qui prive la fédération de deux figures censées incarner le renouveau du football italien, et qui plonge un peu plus l’institution dans l’incertitude, à quelques mois d’échéances importantes pour la Nazionale.
Mancini, le choix de la raison
Face à cette accumulation de crises, la FIGC choisit de revenir à une valeur sûre. Mardi, Giovanni Malagò annonce officiellement le retour de Roberto Mancini, expliquant avoir jugé que ce dernier était la personne la mieux placée pour prendre en charge l’entraînement de la sélection nationale.
Le technicien de 61 ans n’est pas un inconnu pour les Azzurri : il avait déjà dirigé l’équipe nationale entre 2018 et 2023, la menant jusqu’au sacre continental lors de l’Euro 2020, disputé en 2021 en raison de la pandémie. Son mandat s’était toutefois terminé de façon abrupte, par une démission surprise à l’été 2023, motivée par un contrat lucratif avec la sélection saoudienne, alors que l’Italie était en pleine campagne de qualification pour l’Euro 2024. Depuis, Roberto Mancini est passé par le banc du club qatari Al Sadd, avant de retrouver aujourd’hui le maillot bleu qu’il avait porté avec succès.
Ranieri en soutien à la reconstruction
Dans la foulée, Giovanni Malagò confirme également l’arrivée de Claudio Ranieri au poste de directeur technique, en remplacement de Paolo Maldini. À 74 ans, l’ancien entraîneur, passé la saison dernière par un rôle de conseiller à l’AS Roma, apporte une expérience et une stabilité recherchées par une fédération encore marquée par les soubresauts des dernières semaines. Son rôle sera central dans la définition d’un nouveau projet sportif à long terme, censé éviter à l’Italie de revivre un scénario d’absence prolongée en compétitions majeures.
Une mission de reconstruction sous haute pression
Le retour de Roberto Mancini ne doit rien au hasard : sa mission consistera à sortir la Nazionale d’une crise sportive et identitaire sans précédent, après trois absences consécutives en Coupe du monde. Le technicien italien devra rapidement redonner une colonne vertébrale et une âme à une sélection en manque de repères, tout en composant avec une génération de joueurs encore en construction et un vivier de talents jugé insuffisant par une partie de la presse transalpine.
Son grand retour est déjà programmé : Roberto Mancini fera ses débuts sur le banc le 25 septembre prochain à Rome, à l’occasion d’un match de Ligue des nations face à la Belgique. Un premier test symbolique, qui donnera un avant-goût de l’orientation choisie pour relancer la Squadra Azzurra, sous le regard d’un pays impatient de renouer avec les sommets du football mondial.
Ce qu’il faut retenir de cette crise
Cette séquence aura mis en lumière les fragilités institutionnelles de la FIGC : un poste vacant pendant plusieurs mois, deux refus de techniciens de renom, une polémique géopolitique inattendue, et deux démissions en cascade au sommet de la fédération. Le retour de Roberto Mancini, épaulé par Ranieri, s’apparente ainsi moins à un simple choix sportif qu’à une opération de stabilisation d’urgence pour une institution en quête de sérénité retrouvée.
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À consulter également : le site officiel de la Fédération italienne de football (FIGC).
