Jesús de Miguel, le drame qui endeuille le football espagnol
L’attaquant du CD Tenerife est décédé ce mardi matin, à 30 ans, au lendemain d’un violent choc avec le gardien andorran Jesús Owono au stade Heliodoro Rodríguez López. De Madrid à Castellón, tout le football espagnol pleure un joueur estimé bien au-delà des îles Canaries.
Le communiqué est tombé à l’aube, et il ne laissait plus de place à l’espoir. « Brisés de douleur, la gorge nouée et sans pouvoir croire que cela soit vrai », le CD Tenerife a annoncé le décès de Jesús de Miguel Alameda, survenu ce mardi 3 novembre 2026 à 8 heures. Le club canarien a ajouté qu’aucun mot de consolation ne pouvait atténuer une telle tristesse. Né à Madrid le 21 septembre 1996, Jesús de Miguel avait fêté ses 30 ans il y a à peine six semaines.
Tout a basculé la veille au soir. Initialement programmée le dimanche, la rencontre entre Tenerife et le FC Andorra, comptant pour la 12e journée de LaLiga Hypermotion, avait été reportée de vingt-quatre heures en raison d’une alerte aux fortes pluies sur l’île. Le scénario du match semblait déjà suffisamment dramatique : menés 2-0, les Andorrans étaient revenus à hauteur en fin de rencontre, grâce à des buts inscrits aux 80e et 87e minutes. C’est à la 108e minute, selon l’agence EFE, que l’irréparable s’est produit. Lancé depuis le milieu de terrain pour exploiter un ballon en contre-attaque, Jesús de Miguel a vu surgir Jesús Owono, sorti très loin de sa surface. Le gardien équato-guinéen s’est jeté vers lui et l’a heurté au visage, plusieurs médias espagnols évoquant un coup de genou. L’attaquant s’est effondré, inanimé, sur la pelouse. Owono a été expulsé et la rencontre définitivement interrompue.
Les images qui ont suivi resteront longtemps gravées dans la mémoire des supporters présents. Joueurs des deux équipes réclamant en urgence l’intervention des secours, manœuvres de réanimation sur le terrain, évacuation en ambulance : selon Juanjo Ramos, chef des sports de COPE Tenerife, Jesús de Miguel serait resté une vingtaine de minutes en arrêt cardiorespiratoire. Son cœur est finalement reparti et il a été transféré à l’Hôpital universitaire Nuestra Señora de Candelaria. Dans la soirée, le club le disait admis en soins intensifs, dans un état « stable dans la gravité ». Le FC Andorra publiait de son côté un message de soutien, adressant « toute sa force » au joueur après ce « grave incident ». Quelques heures plus tard, Tenerife faisait état d’une dégradation de son état de santé, avant l’annonce fatale de mardi matin.
Un parcours forgé loin des projecteurs
Jesús de Miguel n’était pas une star médiatique, et c’est sans doute ce qui rend sa disparition si poignante. Son ascension est celle d’un attaquant qui a gravi les échelons un à un, à la force du travail. Passé par l’Internacional de Madrid, il rejoint Fuenlabrada en 2018, connaît un prêt à l’Unión Adarve, puis s’engage avec Navalcarnero en 2019. C’est à Unionistas de Salamanca, à partir de 2021, qu’il commence à se faire un nom, avant que le CD Castellón ne le recrute en janvier 2023. Au stade Castalia, ce grand gabarit d’1,89 m devient un attaquant apprécié du public. À l’été 2025, Tenerife mise sur lui pour renforcer son secteur offensif et lui offre un contrat courant jusqu’en 2028.
Son engagement dépassait le rectangle vert. Jesús de Miguel siégeait en effet comme membre du comité directeur de l’Association des footballeurs espagnols (AFE), le syndicat des joueurs, signe de la confiance que lui accordaient ses pairs.
Un deuil qui dépasse les frontières
La vague d’émotion a été immédiate. La Fédération royale espagnole de football (RFEF) a résumé le sentiment général en une phrase : le football espagnol pleure la perte de Jesús de Miguel. Javier Tebas, président de LaLiga, s’est dit « profondément attristé » par ce qu’il a qualifié de perte irréparable. Le Real Madrid, le FC Barcelone, l’Atlético de Madrid, le Séville FC, l’Athletic Club ou encore Málaga, Levante, Elche et le Real Oviedo ont adressé leurs condoléances, tout comme la Bundesliga, preuve que l’onde de choc a franchi les Pyrénées. L’Espanyol a même annulé, en signe de respect, la présentation de son nouvel entraîneur Eder Sarabia, prévue ce mardi.
Le message le plus bouleversant est venu de Castellón. « Le cœur brisé et sans consolation possible », son ancien club a salué Jesús de Miguel, un joueur qui avait défendu le maillot avec fierté et célébré ses buts avec les supporters. Parmi les réactions individuelles, celle de Gerard Piqué a particulièrement retenu l’attention : le président du FC Andorra assistait à la rencontre depuis les tribunes du Heliodoro. Kylian Mbappé et Pedro Rodríguez ont eux aussi fait part de leur tristesse.
Au-delà de l’émotion, ce drame soulève des questions que le football espagnol ne pourra éluder. Les circonstances exactes du choc devraient faire l’objet d’examens approfondis, et l’avenir de cette rencontre interrompue reste, à l’heure où nous écrivons ces lignes, en suspens. Mais pour l’heure, à Santa Cruz de Tenerife comme dans tous les stades où il a laissé une trace, une seule chose compte : le souvenir de Jesús de Miguel, attaquant de 30 ans, parti beaucoup trop tôt, un soir de novembre où le football a perdu tout son sens.
La rédaction d’analysesportive.be adresse ses plus sincères condoléances à la famille, aux proches, aux coéquipiers de Jesús de Miguel ainsi qu’à l’ensemble des supporters du CD Tenerife.
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