Mbappé assume son ambition pour le Ballon d’Or
Mbappé Ballon d’Or : à une semaine de la cérémonie, prévue le 26 octobre au London Palladium, Kylian Mbappé a choisi de revenir sur la campagne médiatique qui lui a valu de nombreuses critiques en France. Loin de faire marche arrière, le capitaine des Bleus assume pleinement ses propos, tout en reconnaissant qu’il en mesurait les conséquences avant même de les prononcer.
C’est dans un entretien accordé à Onze Mondial, qui lui a décerné le Onze d’Or 2026, que l’attaquant du Real Madrid s’est livré. Interrogé sur une communication jugée très « à l’américaine » et mal reçue dans l’Hexagone, Mbappé a d’abord réagi avec ironie, suggérant que l’incompréhension était bien plus large que ce que laissait entendre la question. Puis il a développé son raisonnement avec sérieux : il affirme connaître parfaitement le contexte dans lequel il s’exprime, l’histoire et la culture de son pays, et savoir pertinemment quel effet ses déclarations peuvent produire.
Le joueur de 27 ans explique surtout que cette posture relève d’un choix assumé. Avant de s’exprimer, il dit s’être préparé à en supporter les conséquences, que l’issue soit heureuse ou non. Selon lui, afficher ainsi ses ambitions répond à une double logique : il s’agit à la fois d’une conviction sincère et d’un moteur personnel. Pour accomplir de grandes choses, estime-t-il, un joueur ne peut pas entrer sur le terrain en pensant que d’autres feront mieux que lui, sous peine de s’imposer lui-même des limites.
Mbappé Ballon d’Or, une campagne inédite
Pour comprendre l’agacement suscité en France par le sujet Mbappé Ballon d’Or, il faut revenir sur les semaines qui ont précédé la clôture des votes, le 28 septembre. Rarement la course au Ballon d’Or n’avait donné lieu à une telle bataille de déclarations. Lamine Yamal a ouvert le bal en affirmant, dans un entretien à Movistar+, que lui et Mbappé étaient les deux meilleurs joueurs de la planète. Ousmane Dembélé, lauréat sortant, a pour sa part plaidé pour que la récompense reste entre les mains d’un joueur du Paris Saint-Germain.
Mbappé, lui, n’a pas fait dans la demi-mesure. Le Bondynois a vanté ses performances lors de la Coupe du monde en des termes particulièrement flatteurs, allant jusqu’à se présenter comme « l’élu ». En conférence de presse au Real Madrid, interrogé sur l’identité du meilleur joueur du monde, il s’est désigné sans la moindre hésitation, tout en concluant que chacun restait libre de son opinion et que cette saison pouvait être la bonne.
Ces sorties ont rapidement relancé le feuilleton Mbappé Ballon d’Or. Plusieurs consultants, dont l’ancien Parisien Jérôme Rothen, ont critiqué une attitude perçue comme prétentieuse, tandis que l’opinion publique s’est divisée. Certains y ont vu un manque d’humilité peu conforme aux codes du football français ; d’autres, une simple affirmation de confiance comparable à celle des grandes stars américaines du sport. Ces propos auraient même pu froisser certains proches du joueur, à commencer par Dembélé, son coéquipier en sélection et rival direct dans cette course.
Il faut dire que Mbappé n’était pas seul à porter sa candidature. Dès le début de la saison, José Mourinho avait lancé la campagne en faveur de son attaquant, estimant que le Ballon d’Or devait récompenser le meilleur joueur du monde et non automatiquement le vainqueur de la Ligue des champions ou du Mondial.
Si le joueur se montre aussi sûr de lui, c’est que le dossier Mbappé Ballon d’Or impressionne sur le plan statistique. Sur la période de référence, qui court du 3 août 2025 au 19 juillet 2026, il a inscrit 42 buts en 44 rencontres avec le Real Madrid. Il a terminé meilleur buteur de la Liga, de la Ligue des champions et de la Coupe du monde, où ses dix réalisations en huit matchs lui ont permis de devenir le premier joueur de l’histoire à remporter deux fois le Soulier d’or. Avec 22 buts en phase finale de Mondial, il est désormais le meilleur buteur de l’histoire de la compétition, devant Lionel Messi.
Des chiffres XXL, mais aucun trophée
Le revers de la médaille est collectif. Le Real Madrid n’a soulevé aucun trophée majeur durant ces douze mois, et les Bleus ont été éliminés en demi-finale du Mondial par l’Espagne, future championne du monde. Or la concurrence, elle, présente des palmarès fournis. Lamine Yamal a remporté la Liga et la Coupe du monde, Rodri a été sacré champion du monde, Harry Kane a empilé les buts et les titres avec le Bayern, tandis qu’Ousmane Dembélé a conservé la Ligue des champions avec le PSG.
C’est sans doute là que réside le cœur du débat Mbappé Ballon d’Or. En revendiquant haut et fort le titre de meilleur joueur du monde, Mbappé défend une conception du Ballon d’Or centrée sur la performance individuelle, quand une partie des observateurs reste attachée au poids des trophées collectifs. Sa déclaration dans Onze Mondial résume parfaitement cette philosophie : chacun possède sa propre mentalité, et la sienne consiste à se convaincre que, si quelqu’un peut accomplir l’exploit, c’est lui.
Les votes étant clos, il n’y a désormais plus rien à attendre des déclarations. Le verdict de l’équation Mbappé Ballon d’Or tombera lundi 26 octobre, à partir de 21 heures. Qu’il soit sacré ou non, Kylian Mbappé aura au moins tenu une promesse : celle d’assumer jusqu’au bout chacune de ses paroles.
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