Wayne Rooney : « Je les reléguerais dans la plus basse division possible »
Invité du podcast Stick to United, Wayne Rooney a livré un avis tranché sur la sanction que mériterait Manchester City, reconnu coupable de plus d’une centaine d’infractions aux règles financières de la Premier League. L’ancien attaquant de Manchester United plaide pour une relégation au plus bas de la pyramide anglaise, assortie de restrictions de dépenses. Il refuse en revanche que le club soit dépossédé de ses titres, et qu’on lui attribue un sacre a posteriori.
Une sanction exemplaire, pas une réécriture de l’histoire
Wayne Rooney ne s’embarrasse pas de précautions oratoires. « Je pense vraiment que nous allons voir City être relégué », a-t-il déclaré, avant de préciser sa pensée : « Je les reléguerais dans la plus basse division possible et je leur imposerais des restrictions de dépenses pour les trois ou quatre prochaines saisons. »
Le raisonnement de Wayne Rooney est d’ordre sportif. Selon lui, une seule saison en Championship permettrait au club de se relever trop rapidement. Une chute plus profonde dans la pyramide pèserait davantage sur sa capacité à se reconstruire.
La position de l’ancien capitaine de l’Angleterre se révèle pourtant plus nuancée qu’il n’y paraît. Membre de l’effectif mancunien battu à la différence de buts par City lors de l’inoubliable saison 2011-2012, conclue par le but d’Agüero, il pourrait théoriquement récupérer ce titre. Il s’y refuse. Il ne se sentirait pas à l’aise d’accepter une médaille pour une deuxième place, estimant que United n’en avait pas fait assez cette saison-là.
Wayne Rooney se met aussi à la place des joueurs de City, qui ont tout donné sur le terrain et qui, dans leur esprit, ont remporté ces titres. Il affirme se satisfaire de ses cinq sacres en Premier League, prenant ainsi ses distances avec d’anciens coéquipiers comme Rio Ferdinand et David de Gea, qui ont laissé entendre sur les réseaux sociaux qu’ils mériteraient un titre rétroactif.
Un verdict accablant pour Manchester City
La décision est tombée vendredi dernier, au terme d’une procédure de près de deux ans. La commission indépendante, qui avait examiné le dossier pendant douze semaines fin 2024, a donné raison à la Premier League sur la quasi-totalité des griefs. Selon The Athletic, Manchester City a été reconnu coupable de 114 des 115 infractions qui lui étaient reprochées.
Les conclusions sont sévères. La commission a établi qu’un système de financement déguisé avait permis au club de comptabiliser près de 950 millions de livres de revenus de sponsoring sur neuf saisons, à partir de 2009-2010. Des contrats fictifs conclus avec des partenaires commerciaux auraient servi à gonfler artificiellement les recettes, et le club aurait dépassé les plafonds de dépenses de la Premier League comme ceux de l’UEFA. Manchester City a également été jugé coupable de ne pas avoir coopéré à l’enquête entre décembre 2018 et février 2023.
Les réactions n’ont pas tardé. L’ancien entraîneur de Tottenham et de Chelsea, Mauricio Pochettino, a évoqué une « période de tromperie », tandis que Tony Pulis, battu avec Stoke en finale de la FA Cup 2011, a dit s’être senti floué.
Une relégation plus complexe qu’il n’y paraît
La sanction n’est pas encore connue, et l’éventail reste large : amende, retrait de points, retrait de titres, voire exclusion de la Premier League. Le scénario défendu par Wayne Rooney se heurte toutefois à une réalité juridique.
La Premier League ne peut pas envoyer directement un club en League One ou en League Two. Ces divisions relèvent de l’EFL, une instance indépendante. Pour que Manchester City évolue en Championship, il faudrait qu’un retrait de points massif le condamne à la relégation sportive. En cas d’exclusion pure et simple, le club devrait solliciter sa réintégration auprès de la Fédération anglaise, et le niveau auquel il serait réadmis ferait l’objet d’un vote des clubs concernés.
Le club, de son côté, conteste fermement. Son directeur général, Ferran Soriano, a affirmé aux employés que l’ensemble du dossier reposait sur une seule fausse accusation. Manchester City a confirmé son intention de faire appel avant la date limite fixée à ce vendredi, ce qui devrait encore prolonger la procédure de plusieurs mois.
Le football anglais face à son dilemme
La sortie de Wayne Rooney résume le paradoxe dans lequel se trouve désormais la Premier League. Punir sévèrement, pour que la règle conserve un sens, sans pour autant effacer des saisons que des joueurs ont disputées et gagnées sur le terrain.
Entre l’appel annoncé et la délicate articulation des compétences entre Premier League et EFL, l’épilogue de l’affaire Manchester City pourrait encore se faire attendre longtemps. La sanction retenue semble toutefois appelée à faire jurisprudence, bien au-delà des frontières anglaises.
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