Lamine Yamal : « Je ne joue pas uniquement pour le Ballon d’Or »

Lamine Yamal sous le maillot de l'Espagne après son doublé face à la Croatie

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Auteur d’un doublé et d’une passe décisive lors de la large victoire de l’Espagne face à la Croatie (4-1), mardi 29 septembre à Séville, Lamine Yamal a une nouvelle fois été interrogé sur le Ballon d’Or. Au micro de TVE, l’ailier du FC Barcelone a livré une réponse aussi sobre que révélatrice : le trophée individuel n’est, selon lui, qu’un horizon parmi d’autres. Une prise de parole qui intervient au lendemain de la clôture du vote et à moins d’un mois de la cérémonie londonienne.

Séville, théâtre d’une démonstration

La soirée avait des allures de fête nationale. Devant 40 294 spectateurs réunis au stade Ramón Sánchez-Pizjuán, selon la fiche officielle de la RFEF, la sélection espagnole présentait à son public la Coupe du monde conquise l’été dernier. Jesús Navas a remis le trophée à Rodri avant le coup d’envoi, dans une enceinte où la Roja n’a jamais connu la défaite.

Lamine Yamal n’a pas laissé à l’émotion le temps de retomber. Dès la deuxième minute, au terme d’une combinaison à laquelle les Croates n’ont pas pu prendre part, il a trompé Dominik Livaković d’une frappe enroulée. Fermín López avait intelligemment laissé filer le ballon, servi par Álex Baena. Trois jours plus tôt, à Wembley, le Catalan avait déjà frappé dans les deux premières minutes lors du succès face à l’Angleterre (3-2).

La Croatie a toutefois réagi. Dion Beljo a égalisé à l’approche de la demi-heure, profitant d’une inattention défensive espagnole. La réponse fut immédiate : trois minutes plus tard, Yamal a délivré un centre que Marc Pubill a converti de la tête, inscrivant son premier but en sélection. Avant la pause, Fermín López a trouvé le poteau et Mikel Oyarzabal a vu un but refusé pour hors-jeu.

Lamine Yamal a conclu au u retour des vestiaires, les Croates ont tenté d’avancer leurs lignes. Ce pari s’est retourné contre eux à la 63e minute : sur une passe millimétrée de Pedri, Yamal a conclu dans un angle quasiment fermé pour le 3-1. Il a ensuite cédé sa place à Nico Williams, qui a scellé le score final.

Avec six points en deux journées, l’Espagne occupe seule la tête du groupe A3 de la Ligue des Nations. Elle prolonge surtout une série remarquable de 40 matchs sans défaite. Lamine Yamal, lui, porte son total à neuf réalisations sous le maillot national.

Une réponse mesurée, loin de l’obsession du trophée

À l’issue de la rencontre, TVE lui a demandé si ce doublé constituait un argument supplémentaire dans la course au Ballon d’Or. « Otra más » (« Un de plus »), a-t-il d’abord répondu, non sans malice. Puis il a élargi le propos : « Je ne joue pas uniquement pour ce Ballon d’Or. Je joue pour moi, pour les supporters, pour la saison prochaine, pour la sélection et pour continuer à gagner. »

Le démonstratif a son importance. En évoquant « ce » Ballon d’Or, Lamine Yamal ne renie nullement son ambition ; il la relativise. Le trophée de 2026 n’est à ses yeux qu’une étape, et non la finalité d’une carrière qui ne fait que commencer.

Relancé sur le fait de savoir s’il se sentait plus proche de la récompense, le joueur a opposé une prudence de circonstance : il ne sait pas, a-t-il expliqué, puisque ce n’est pas lui qui vote et qu’il ignore l’identité du lauréat. Une remarque d’autant plus juste que le scrutin s’était refermé la veille. Ses deux buts sévillans ne pèseront donc pas dans le verdict des jurés, qui ont rendu leur classement le lundi 28 septembre.

Cette retenue tranche avec certaines déclarations plus affirmées des dernières semaines. Elle témoigne d’une communication qui semble mûrir au rythme de son football.

Une course plus ouverte que jamais

La 70e édition du Ballon d’Or se tiendra le lundi 26 octobre au London Palladium. Pour la première fois de son histoire, la cérémonie quitte Paris pour l’Angleterre, en hommage à Stanley Matthews, premier lauréat en 1956. La liste des 30 nommés a été dévoilée le 8 septembre par France Football et L’Équipe.

Lamine Yamal y figure en bonne place. À 19 ans, il présente un dossier solide : un titre de champion d’Espagne, une Supercoupe, et surtout une Coupe du monde remportée avec six buts et une passe décisive en sept rencontres. Sa saison en club s’est achevée sur un bilan de 25 buts et 20 passes décisives.

La concurrence demeure néanmoins redoutable. Harry Kane, auteur de 73 buts avec le Bayern Munich, défend ouvertement sa candidature. Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé, tenant du titre, Rodri ou encore Khvicha Kvaratskhelia complètent un peloton de prétendants dont aucun ne semble, à ce stade, se détacher nettement.

L’an dernier, Lamine Yamal avait terminé deuxième derrière Dembélé, se consolant avec un second Trophée Kopa. Son entourage n’avait alors pas caché sa déception. Cette année, le joueur a lui-même défini sa vision du trophée dans un entretien accordé à L’Équipe : selon lui, le Ballon d’Or doit distinguer le joueur exceptionnel, celui que l’on regarde jouer pour le seul plaisir, en citant Lionel Messi et Ronaldinho. Une conception qui, en creux, relativise le seul décompte des statistiques.

Au-delà du verdict londonien

Les urnes sont désormais closes, et plus rien de ce que ce que Lamine Yamal accomplira d’ici au 26 octobre n’influencera le choix des jurés. Sa déclaration sévillane n’en prend que plus de relief : libéré de toute visée électorale, le discours révèle un joueur qui semble avoir intégré que sa carrière se mesurera sur la durée.

Champion du monde, pilier d’une sélection invaincue depuis 40 rencontres et figure de proue du FC Barcelone, l’ailier dispose déjà d’un palmarès que bien des joueurs n’atteignent jamais. Qu’il soit sacré à Londres ou non, ce Ballon d’Or ne serait, selon ses propres termes, qu’une ligne de plus dans une trajectoire encore largement à écrire.

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