SERIE A: ANALYSE TACTIQUE APPROFONDIE DES MATCHS DU JOUR.


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Analyse tactique Serie A – Lundi 9 février 2026

Cette analyse tactique Serie A propose un décryptage approfondi des systèmes de jeu, des duels positionnels et des philosophies managériales qui structurent les rencontres Atalanta – Cremonese et Roma – Cagliari. L’objectif est d’expliquer les dynamiques collectives et les choix tactiques déterminants, au-delà du simple résultat.

Méthodologique

Cette analyse tactique décompose les mécanismes qui structurent les deux rencontres de cette soirée italienne. Au-delà des résultats attendus, nous examinons les dispositifs, les principes de jeu et les duels sectoriels qui détermineront les dynamiques de ces matchs. L’Atalanta de Raffaele Palladino incarne l’évolution moderne du football bergamasque, tandis que la Roma sous Gian Piero Gasperini représente l’école défensive italienne à son apogée. Deux philosophies distinctes qui promettent des affrontements tactiquement riches. Cette analyse tactique Serie A s’inscrit dans une approche pédagogique visant à expliquer les mécanismes collectifs et les choix stratégiques des entraîneurs.

Atalanta vs Cremonese

18h30 • New Balance Arena, Bergame

Dispositifs Tactiques Attendus

Dimension TactiqueAtalantaCremonese
Système de base3-4-2-14-4-2 / 5-4-1
ManagerRaffaele PalladinoDavide Nicola
Philosophie offensivePressing haut + Transitions verticalesJeu direct sur attaquant pivot
Stratégie défensiveLigne haute + Contre-pressingBloc bas compact (ligne 30m)
Joueurs clés tactiquesScamacca (pivot), De Ketelaere (créateur)Vandeputte (ailier), Bianchetti (libéro)

Le Système d’Atalanta : 3-4-2-1 Asymétrique

Raffaele Palladino a modernisé le football bergamasque en conservant l’intensité caractéristique de l’Atalanta tout en ajoutant plus de contrôle positionnel. Le 3-4-2-1 déployé constitue une évolution du traditionnel 3-5-2 gasperinien. La formation se structure autour d’une défense à trois (probablement Scalvini-Hien-Djimsiti) qui joue extrêmement haut sur le terrain, souvent positionnée à 45-50 mètres de la ligne de but adversaire en phase de possession.

Les pistons (Zappacosta à droite, Bernasconi à gauche) jouent un rôle asymétrique crucial. Zappacosta, plus expérimenté, monte très haut pour créer des surnombres offensifs, tandis que Bernasconi adopte une posture plus prudente pour sécuriser les transitions défensives. Au milieu, en l’absence du suspendu Marten de Roon, Ederson et Pašalić formeront probablement la double pivot. Ces deux joueurs possèdent la capacité de récupérer agressivement le ballon tout en lançant des passes verticales pour alimenter les attaquants.

Le triangle offensif représente l’essence créative du système. Charles De Ketelaere opère entre les lignes comme meneur de jeu offensif, combinant avec Giacomo Raspadori (second attaquant) pour créer des connexions fluides. Gianluca Scamacca occupe le rôle de pivot central : grand (1m95), techniquement habile, il fixe la défense adverse et protège les ballons pour permettre les montées de ses coéquipiers. Contre une défense aussi passive que celle de Cremonese, Scamacca disposera d’un espace mental considérable pour orienter le jeu offensif.

Phases de Pressing et Récupération

L’Atalanta déclenchera son pressing dès que Cremonese tentera de construire depuis le gardien. Le premier déclencheur sera Scamacca qui orientera les relances adverses vers les extérieurs, permettant aux pistons et aux milieux de créer un pressing en tenaille. Cette organisation agressive explique les cinq clean sheets obtenus lors des sept derniers matchs : l’équipe récupère le ballon si haut qu’elle limite considérablement les occasions adverses. Face à une équipe de Cremonese incapable de marquer (7 matchs sur 8 sans but), cette domination territoriale devrait être totale.

Le Défi Tactique Impossible de Cremonese

Davide Nicola fait face à une équation insoluble. Avec une équipe en crise offensive totale (1 seul but en 9 matchs), il devra opter pour un dispositif ultra-défensif en espérant limiter les dégâts. Le 5-4-1 s’impose logiquement : cinq défenseurs (probablement Bianchetti-Ravanelli-Lochoshvili comme trio central, avec Sernicola et Zanimacchia en pistons), quatre milieux en ligne compacte (Collocolo au centre avec Castagnetti), et un attaquant isolé (probablement Tsadjout) chargé d’occuper les trois défenseurs centraux adverses.

Cette formation défensive positionnera sa première ligne à environ 30 mètres de son but, créant un bloc compact de neuf joueurs sur 35 mètres de largeur. L’objectif : réduire les espaces entre les lignes pour empêcher De Ketelaere et Raspadori de recevoir le ballon dans des zones dangereuses. Cependant, cette stratégie présente une faille majeure : elle abandonne totalement le milieu de terrain à l’Atalanta, qui circulera le ballon librement jusqu’à trouver des brèches dans le bloc adverse.

Offensivement, Cremonese n’aura d’autre choix que de miser sur de longs ballons directs vers Tsadjout, espérant gagner des seconds ballons pour soulager la pression. Cependant, contre la défense à trois athlétique de l’Atalanta (Hien en particulier excelle dans les duels aériens), cette stratégie rudimentaire a peu de chances de succès. L’absence de Michele Collocolo (blessé), créateur central habituellement chargé des transitions, prive Cremonese de son seul joueur capable d’organiser des contre-attaques structurées. Le schéma tactique ressemblera davantage à une résistance désespérée qu’à un véritable plan de jeu offensif.

ROMA vs CAGLIARI

20h45 • Stadio Olimpico, Rome

Dispositifs Tactiques Attendus

Dimension TactiqueRomaCagliari
Système de base3-4-2-13-5-2
ManagerGian Piero GasperiniDavide Pisacane
Philosophie dominanteDéfense de zone + Possession contrôléeContre-pressing + Transitions rapides
Occupation territoriale55-60% possession attendue40-45% + Contre-attaques
Point fort défensifMeilleure défense Serie A (14 buts)Compacité défensive récente

La Forteresse Défensive de Gasperini (Roma)

Gian Piero Gasperini a transformé la Roma en une machine défensive redoutable : 14 buts encaissés en 23 matchs constitue le meilleur bilan de Serie A cette saison. Cette solidité repose sur un 3-4-2-1 parfaitement rodé où la défense à trois (probablement Mancini-N’Dicka-Smalling) joue en zone avec une synchronisation millimétrique. Contrairement aux défenses à trois offensives, celle de Roma adopte une posture plus conservatrice, se positionnant généralement à 40 mètres du but adverse en phase de possession.

La clé du système réside dans la protection offerte par les deux milieux axiaux : Bryan Cristante et Leandro Paredes forment un double pivot défensif qui filtre systématiquement les tentatives de pénétration adverses. Cristante, ancien défenseur central reconverti, possède l’intelligence positionnelle pour anticiper les passes et couper les lignes de passe. Paredes apporte sa vision de jeu et sa capacité à relancer proprement. Ensemble, ils créent un rideau défensif devant la défense à trois, expliquant pourquoi seulement 6 buts ont été concédés à domicile cette saison.

Cependant, ce dispositif ultra-sécuritaire présente une contrepartie offensive problématique. Avec une moyenne de 1,41 but marqué par match, la Roma peine à convertir sa domination territoriale en buts. L’absence de Paulo Dybala (meneur de jeu argentin qui créait les décalages) et de Manu Koné (présence physique au milieu) aggrave ce déséquilibre. Donyell Malen, prêté par Aston Villa en janvier, devrait occuper le rôle de pointe. Bien qu’il n’ait marqué qu’une fois depuis son arrivée, son activité dans le dernier tiers et ses courses en profondeur apportent une mobilité précieuse. Matías Soulé (6 buts, 4 passes décisives) opérera comme meneur de jeu offensif, chargé de créer des opportunités pour Malen et le second attaquant.

Le Dilemme Tactique de Roma

Face à un Cagliari galvanisé par trois victoires consécutives, Gasperini devra résoudre un paradoxe : comment maintenir la solidité défensive légendaire tout en générant suffisamment de danger offensif ? La Roma ne peut se permettre de jouer trop prudemment, au risque de laisser l’initiative à un adversaire confiant. Mais une posture trop offensive exposerait la défense aux transitions rapides sardes. Ce match illustrera la capacité de Gasperini à trouver l’équilibre entre sécurité défensive et efficacité offensive, un équilibre qu’il n’a pas encore parfaitement maîtrisé cette saison (3 matchs sans victoire, dont une défaite frustrante 0-1 à Udinese).

La Métamorphose Tactique de Cagliari

La série de trois victoires consécutives de Cagliari (incluant un impressionnant 4-0 contre Hellas Verona) témoigne d’une transformation tactique remarquable sous Davide Pisacane. L’équipe a abandonné son approche ultra-défensive du début de saison pour adopter un 3-5-2 plus équilibré et dynamique. Ce système repose sur la mobilité exceptionnelle des trois milieux centraux (probablement Mazzitelli-Makoumbou-Deiola) qui alternent entre récupération agressive et montées offensives pour soutenir le duo d’attaquants.

Les statistiques récentes confirment cette évolution : 1,8 but marqué en moyenne sur les cinq derniers matchs, contre 1,18 sur l’ensemble de la saison. Cette amélioration provient d’un changement philosophique majeur : plutôt que de défendre profondément et espérer des contre-attaques, Cagliari presse désormais plus haut (ligne à 40-45 mètres) pour récupérer le ballon dans des zones plus dangereuses. Cette agressivité défensive, combinée à des transitions verticales rapides, a déstabilisé plusieurs adversaires récents.

Offensivement, le tandem Semih Kilicsoy (prêté de Besiktas) – Sebastiano Esposito constitue une menace duale intéressante. Kilicsoy (4 buts cette saison) joue un rôle de pivot mobile, décrochant régulièrement pour créer des espaces que Esposito exploite par ses courses en profondeur. Contre une défense de Roma qui joue en zone, ces mouvements croisés pourraient créer des dilemmes positionnels pour les défenseurs centraux. De plus, la présence de Tommaso Augello (latéral gauche très offensif) sur le côté gauche offre une option supplémentaire pour déborder la défense romaine. La victoire 1-0 obtenue au match aller prouve que Cagliari possède les ressources tactiques pour frustrer les Giallorossi, même si reproduire cet exploit à l’Olimpico représente un défi considérablement plus ardu.

DUELS POSITIONNELS DÉCISIFS

Atalanta-Cremonese : Zones de Confrontation

1. SECTEUR DÉFENSIF CENTRAL (Critique)

Le trio Bianchetti-Ravanelli-Lochoshvili (Cremonese) devra gérer les mouvements constants de Scamacca, Raspadori et De Ketelaere. L’Atalanta créera des situations de surnombre constant dans cette zone (attaquants + milieux montants), obligeant les défenseurs à effectuer des choix binaires : suivre les décrochages ou tenir les positions ? Cette surcharge offensive explique pourquoi Cremonese concède régulièrement plusieurs buts. Sans organisation ultra-rigoureuse, la défense centrale risque l’effondrement rapide.

2. COULOIRS LATÉRAUX (Exploitation)

Zappacosta et Bernasconi (pistons Atalanta) domineront territorialement Sernicola et Zanimacchia (Cremonese). Ces derniers, obligés de défendre profondément, ne pourront jamais monter pour soulager la pression. L’Atalanta circulera librement le ballon sur 60 mètres de largeur, étirant progressivement le bloc adverse jusqu’à créer des brèches exploitables. Ce contrôle latéral total est typique des matchs à sens unique.

Roma vs Cagliari : Batailles Sectorielles

1. MILIEU DE TERRAIN (Équilibré)

Le duel Cristante-Paredes (Roma) vs Mazzitelli-Makoumbou-Deiola (Cagliari) sera déterminant. Roma cherchera à imposer un contrôle positionnel, tandis que Cagliari tentera de récupérer agressivement pour lancer des transitions. La capacité de Paredes à circuler intelligemment le ballon sous pression conditionnera l’efficacité offensive romaine. Si Cagliari parvient à neutraliser ce duo, Roma peinera à créer des occasions claires.

2. DUO D’ATTAQUANTS CAGLIARI (Mobilité)

Kilicsoy et Esposito devront exploiter leurs mouvements croisés pour désorganiser la défense à trois de Roma. Kilicsoy décrochera vers les milieux pour attirer Mancini ou N’Dicka hors position, créant des espaces que Esposito attaquera en profondeur. Cette mobilité coordonnée constitue l’unique arme offensive capable de perturber la meilleure défense de Serie A. Si les deux attaquants sont marqués individuellement sans espace pour décrocher, Cagliari n’aura aucune solution offensive.

Ces deux rencontres illustrent deux extrêmes du spectre tactique italien. Atalanta-Cremonese oppose une équipe moderne et agressive (pressing haut, transitions verticales, mobilité collective) à une formation en survie (bloc bas, jeu direct rudimentaire, absence de solutions). L’écart qualitatif et philosophique rend le match prévisible : domination territoriale totale d’Atalanta, production offensive nulle de Cremonese, victoire confortable des Bergamasques.

Roma-Cagliari présente un profil tactiquement plus riche. La confrontation entre la solidité défensive légendaire de Gasperini (14 buts encaissés en 23 matchs) et la renaissance offensive de Cagliari (trois victoires consécutives, 1,8 buts/match récemment) promet un match équilibré. Roma devra résoudre son dilemme offensif : comment marquer sans s’exposer défensivement ? Cagliari cherchera à reproduire son exploit du match aller en combinant défense compacte et contre-attaques incisives. L’avantage du Stadio Olimpico et la qualité individuelle supérieure (Dovbyk, Soulé) devraient pencher la balance en faveur des Giallorossi, mais dans un match serré et nerveux.Cette analyse tactique Serie A met en lumière l’écart structurel entre les projets sportifs et la richesse stratégique du championnat italien.

 

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